ÉTUDIER LE COURT-NOUÉ EN PROVENCE

ÉTUDIER LE COURT-NOUÉ EN PROVENCE
17 juin 2026

ÉTUDIER LE COURT-NOUÉ EN PROVENCE

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Le court-noué est une virose sous-estimée et mal reconnue au vignoble. En effet en 2025, en Provence, une étude sur 45 parcelles de Rolle a mis en évidence que la moitié étaient contaminées à différentes intensités. Le travail de diagnostic se poursuit donc en 2026 par des prélèvements sur 100 parcelles, couvrant 3 appellations et 2 départements.

 

Le court-noué présente une nuisibilité particulièrement forte. Il peut générer des pertes de rendement dépassant les 50%. Cependant, cette nuisibilité n’est pas proportionnelle à l’intensité des symptômes, qui, de plus, varie fortement selon le cépage.

Par exemple, sur le grenache, il va se manifester par un manque de vigueur, pouvant laisser penser à un simple problème de fertilisation. Sur la syrah, les symptômes vont être subtils et difficiles à détecter.

Cette particularité explique pourquoi le court-noué parvient souvent à passer inaperçu. En 2025, à l’occasion d’analyses réalisées sur 45 parcelles de rolle, sa présence n’avait initialement pas été envisagée, alors qu’au final, il a été détecté sur près de la moitié des parcelles étudiées et une mortalité parfois élevée.

En Provence, une perte de 7 hectolitres/hectare a été constatée sur 10 ans, représentant plus de 15% du rendement maximum. Déterminer le rôle éventuel du court-noué dans cette tendance représente un enjeu important.

En mai 2026, un large travail de diagnostic a ainsi été lancé. Le projet prévoit de prélever environ 100 parcelles sur les trois appellations : Côte-de-Provence, Coteaux-Varois-en-Provence et Côteaux-d'Aix-en-Provence, couvrant le Var et les Bouches-du-Rhône.

Il est piloté par Isaure Sellier, du syndicat des vins des Côtes de Provence et 15 du Plan, en lien avec Marion Claverie (IFV), Guillaume Darrieutort (Vitinov) et Anne-Sophie Spilmont (IFV).

Pour chaque parcelle, la méthodologie comprend :

  • Observation de deux ou trois zones
  • Déplacements dans les rangs
  • Deux prélèvements par parcelle
  • Envoi en test ELISA pour détection du court-noué
  • Remplissage d'un questionnaire détaillé (cépage, âge, production, rendements, mortalité)
  • Prise de photographies

Les données collectées permettront :

  • D'établir une cartographie de la répartition régionale du court-noué
  • D'identifier les zones les plus touchées
  • De déterminer les cépages marquant le plus les symptômes
  • D'évaluer la présence de cépages asymptomatiques

Une réflexion est en cours pour utiliser des images satellites et le lidar1 afin d'analyser la mortalité au vignoble et identifier des corrélations avec les cépages, zones géographiques et parcelles atteintes.

En 2027, le projet pourrait se poursuivre autour d’une parcelle fortement atteinte et une parcelle saine située en face, avec même clone et même porte-greffe. L'objectif est d'étudier la nuisibilité plus précisément et de créer un atelier "bout de vigne court-noué" dans le cadre du PNDV pour sensibiliser aux symptômes et à la nuisibilité.

Des microvinifications séparées entre pieds atteints et pieds sains sont envisagées pour évaluer l'impact sur le rosé, avec le concours du Centre du Rosé.

A terme, l’ensemble de ce travail pourrait aboutir à la formulation de préconisations pour prévenir la contamination des parcelles par le court-noué. Elles pourraient porter sur les délais de replantation après arrachage, le travail ou la couverture du sol notamment.

 

1 : technique de mesure à distance fondée sur l'analyse des propriétés d'un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur.

 

Etude court-noué en Provence Etude court-noué en Provence 2

 

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