PROJET DIVESCA : FAIRE DE LA SÉLECTION UN MOYEN DE LUTTE CONTRE L’ESCA
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Porté par l’INRAE de Bordeaux, le projet DivEsca a pour but final de faciliter la création de variétés résistantes à l’esca en s’appuyant sur des données génétiques déjà existantes. Mais aussi en faisant avancer la connaissance sur les mécanismes physiologiques derrière la sensibilité à cette maladie.
L’esca est une maladie du bois provoquée par des champignons. Son expression dépend des conditions climatiques, mais aussi de la sensibilité de la variété infectée. Être en mesure de sélectionner facilement des variétés peu sensibles, notamment pour les programmes de sélection et création variétale en cours, constituerait donc un réel atout dans la lutte contre la maladie.
Le projet DivEsca répond à cet enjeu. Il est né d’un échange entre les INRAE de Bordeaux et de Colmar. Cette dernière possède une large collection de plants issus du programme ResDur, dont les caractéristiques génétiques sont déjà connues. Il a averti l’INRAE de Bordeaux de l’arrachage programmé d’une parcelle et l’opportunité que cela représentait pour l’étude des maladies du bois. L’équipe intègre également I’INRAE Val de Loire et l’IFV.
Les données génétiques ayant été acquises au préalable, l’enjeu du projet est de pouvoir les relier à des caractéristiques observables déterminant la sensibilité à l’esca :
-la présence de symptômes foliaires au cours des années précédant l’arrachage
-les nécroses internes que l’on peut quantifier après découpe du tronc
Puis, on va caractériser :
-le microbiote fongique
-l’anatomie du bois
-la biochimie du bois
-la composition moléculaire (métabolome) du bois.
Une fois toutes ces données acquises, des liens vont être recherchés entre ces quatre éléments et la sensibilité observée précédemment. Ces liens éventuels vont permettre de mieux comprendre les mécanismes physiologiques derrière cette sensibilité. Ces nouvelles connaissances pourraient avoir des applications dans le développement d’outils de diagnostic et de conseil en pépinière.
Le cœur du projet DivEsca sera d’analyser ces liens entre sensibilité et physiologie au regard des données génétiques déjà acquises. Ce travail pourrait permettre de trouver des marqueurs génétiques, c’est-à-dire des séquences d’ADN caractérisant le degré de sensibilité.
Ces marqueurs constitueraient des outils précieux pour les sélectionneurs. En effet, ces derniers pourraient connaître la sensibilité d’un plant, même en l’absence du champignon pathogène. La sélection de variétés peu sensibles en serait facilitée. Ceux-ci seraient plus rapidement disponibles pour les vigneronnes et les vignerons des zones à risque.
Le projet est dans sa première année et devrait s’achever en 2028.
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- Article webzineAjouté le 18/02/2026

