Un séminaire de recherche pour comprendre les liens entre pratiques culturales, carbone, biodiversité et performance économique
Le 13 novembre 2025, chercheurs, techniciens et vignerons locaux étaient réunis à l’occasion d’un séminaire de recherche intitulé « Carbone/Biodiversité & Productivité du vignoble : ça matche ou ça casse ? » dans le cadre du Plan National de Durabilité du Vignoble. L’occasion d’échanger sur les projets en cours et travailler ensemble aux orientations du Plan.
Le temps d’une matinée, les 90 participants ont assisté à la présentation de travaux menés par différentes équipes de recherche de différents horizons : 4 interventions tournées vers la biodiversité, 5 tournées vers le carbone. L’occasion d’apprécier la dynamique créée par le PNDV et de découvrir de nouvelles approches à travers des travaux menés dans d’autres domaines que la seule viticulture.
BIODIVERSITE
- Déborah COVINDIN CARPAGON de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) : Transformer les pratiques pour accroître la durabilité du vignoble : un panorama complet de la multiplicité des liens entre agriculture et biodiversité, illustré par l’exemple concret des paysages viticoles.
- Yohan CHARBONNIER de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) : Les chauves-souris, des auxiliaires pour la vigne : le rôle méconnu de ces dernières dans la lutte contre eudémis et cochilys.
- Vincent BUSTILLO du Centre d’Etudes Spatiales de la BIOspère (CESBIO) : La télédétection au service de la gestion durable du vignoble : l’apport de la télédétection pour faire les bons diagnostics, modéliser et suivre les évolutions.
- Laure GONTIER de l’IFV : Bilan de l’impact des pratiques viticoles sur la qualité biologique des sols : un domaine de recherche nouveau mais qui montre l’intérêt de la couverture du sol, des amendements organiques et de la restitution au sol du bois de taille.

CARBONE
- Laure LE QUERE de Shift Project : Quelle(s) transition(s) pour les systèmes agricoles et viticoles pour répondre à la double contrainte carbone ? : Une présentation du travail réalisé par l’association sur la décarbonation du secteur agricole et les enjeux pour la filière viticole (poids des engrais et carburants, fragilité face au changement climatique…)
- Sylvain PELLERIN de l’INRAE : Stocker du carbone pour atténuer le changement climatique : quelle contribution des sols viticoles ? : une contribution modeste à l’échelle du réchauffement global mais un intérêt réel pour améliorer le bilan de la filière, avec l’enherbement comme pratique clé.
- Jean-Yves CAHUREL de l’IFV : Quels leviers pour accroître le stockage du carbone en viticulture ? : 3 leviers principaux : restitution du bois de taille, amendements organiques et couverts végétaux présentent à la fois des intérêts agronomiques et environnementaux.
- Emmanuelle VAUDOUR de l’INRAE : Suivi satellitaire du carbone du sol – potentialités d’application au secteur viticole : prédictions, suivi des pratiques, diagnostic spatialisé… et bien d’autres exemples d’applications possibles.
- Juien GIRAUDO de l’Université Bourgogne Europe : Flux de carbone et d’eau dans un écosystème viticole face au changement climatique : deux approches pour estimer les flux par la mesure et la modélisation.
L’après-midi, chacune et chacun a été mis en contribution pour imaginer les axes qui vont structurer les travaux du PNDV ces prochaines années. Certains vont être repris pour le prochain appel à projets de recherche, dont le lancement est prévu en avril. Les idées n’ont pas manqué sur les deux thématiques principales.
Un socle commun autour du sol et des pratiques culturales a été identifié. Une priorité est de comprendre les multiples impacts de ces dernières en termes de carbone, de biodiversité, mais aussi de rendement, de résultats économiques, de gestion de l’eau… Les futurs travaux devront également prendre en compte le contexte pédoclimatique et les particularités des différentes régions viticoles doit aussi être intégrée pour des résultats applicables dans chaque vignoble.
Les travaux pourront porter sur la meilleure manière d’aborder la question de la biodiversité à l’échelle de l’exploitation. Ils pourront aussi viser l’élaboration d’outils et d’indicateurs pour faciliter son pilotage et mieux comprendre comment biodiversité et pratiques culturales interagissent.
Concernant le carbone, un axe de recherche possible sera le développement de méthodes harmonisées de quantification et de suivi des stocks et flux. Le développement d’outils de terrain pour observer la structure du sol est un autre objectif potentiel. A plus long terme, l’autonomie et la sobriété énergétique des exploitations serait un sujet d’intérêt pour la filière.
