Résultats de l'enquête court-noué auprès des viticulteurs champenois

Résultats de l'enquête court-noué auprès des viticulteurs champenois
9 janvier 2018

Résultats de l'enquête court-noué auprès des viticulteurs champenois

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Une enquête "court-noué" a été réalisée par un groupe d’étudiants dans le cadre d’un projet interdisciplinaire en environnement mené à l’Université de Strasbourg. En Champagne, 230 viticulteurs ont répondu à cette enquête et 85 % d’entre eux ont déclaré être confrontés au court-noué sur leur exploitation. Cette enquête avait pour objectifs d’appréhender l’impact du court-noué de leur point de vue et de mettre en évidence leurs attentes. Trois questions ont été sélectionnées parmi les 13 questions posées.

Classez les maladies de la vigne par ordre d'importance (préoccupation) pour vous : très inquiétante (note de 10) à peu inquiétante (note de 1) ?

Sur le panel champenois enquêté, le court-noué se place en 2e position des préoccupations des viticulteurs, après l’oïdium. Si en France, on estime que les 2/3 du vignoble sont infectés par le court-noué , la Champagne n’est pas épargnée. Les secteurs historiques tels que la Côte des Blancs ou la Grande Vallée de la Marne sont les plus touchés que ce soit en nombre de parcelles ou en nombre de ceps atteints par parcelle . Mais d’une façon générale, à l’échelle du vignoble champenois, aucune région n’est indemne.  

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À combien estimez-vous la perte de rendement due au court-noué ?

Sur les parcelles court-nouées, 80 % des viticulteurs indiquent subir une perte de rendement par rapport à une vigne non court-nouée. Cette perte de récolte peut être de plus de 50 % pour 6,5 % des parcelles. Seuls 20 % indiquent ne pas constater de perte de rendement significative. Plusieurs raisons pour ces différences constatées : l’âge de la vigne, le cépage, la charge virale, les co-infections possibles et le type de variant du virus du court-noué.

 

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Que pensez-vous de l’efficacité des moyens de lutte actuels contre le court-noué?

  1. Les méthodes chimiques (produits à action nématicide pour la plupart retirés du marché) sont jugés peu ou pas efficaces pour près de 85 % des viticulteurs enquêtés.
  2. Le repos du sol et le recours à des jachères sont jugés intéressants et les viticulteurs y sont globalement favorables. C’est l’utilisation de jachères de plantes à effet dépressif sur les nématodes qui est jugée la plus efficace même si pour le moment il n’y a pas beaucoup de recul d’un point de vue technique. Pour bon nombreux de viticulteurs, cela reste néanmoins une pratique contraignante, en particulier sur de petites parcelles. Enfin, près de 95 % des enquêtés considèrent que l’arrachage suivi d’une replantation immédiate est peu ou pas efficace, aggravant même parfois la situation.
  3. Le porte-greffe Nemadex AB est jugé peu ou pas efficace par près de 65 % des enquêtés. Cette appréciation négative s’explique en grande partie par son inadaptation à la plupart des sols champenois (faible résistance à la chlorose) et de sa recontamination rapide dans l’essai champenois en sol contaminé. Ils sont néanmoins plus 90 % à être prêts à l’essayer "faute de mieux".

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Le court-noué est perçu comme une virose dommageable en termes de perte de récolte, qui laisse les viticulteurs démunis face à sa progression. Plus de 90 % des viticulteurs champenois considèrent qu’il faudrait donc mener plus de recherches sur le court-noué.

 

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