Les réseaux MIV dressent un bilan de leurs actions

Les réseaux MIV dressent un bilan de leurs actions
14 avril 2021

Les réseaux MIV dressent un bilan de leurs actions

Lancés en 2017 les réseaux MIVigne (Mobilisation Innovation Vigneronne) ont permis à plus de 300 viticulteurs de réfléchir ensemble sur leurs problématiques en lien avec les dépérissements. Chaque groupe était accompagné par un conseiller de Chambre d'agriculture.

Dans chaque réseau, les viticulteurs ont testé des itinéraires techniques ou des nouveaux systèmes de culture suite à des échanges participatifs. Plus qu'une simple réponse technique, ces réseaux sont à l'initiative de nouvelles techniques de lutte contre les dépérissements.

Les fiches de synthèse des travaux menés sont présentées ci-après. Elles illustrent la diversité des actions menées principalement en Provence, Charente et dans le Val de Loire.

Dans le Vaucluse, quatre groupe de viticulteurs ont été constitués. L'un des groupes a testé le procédé génodique dans la lutte contre les maladies du bois. Un autre groupe constitué de pépiniéristes a travaillé sur l'entretien du sol en vigne-mères de porte-greffe. Différentes techniques ont été testées : enherbement complet, mise en place de bâche intégrale, de filets, de paillage. Un "Forum Rhône Provence" organisé en novembre 2019 a été l'occasion pour les viticulteurs d'échanger avec des chercheurs venus présenter les essais menés dans le cadre du Plan dépérissement. Les résultats obtenus dans le Vaucluse sont disponibles ici.

Dans la Drôme, deux groupes ont réfléchi sur les maladies du bois et la qualité de la taille. Des techniques comme le curetage et le recépage ont été menées sur trois parcelles. Les viticulteurs ont alors opté pour un recépage préalable suivi d'un curetage afin d'allier efficacité et rapidité d'exécution. 85% des ceps ainsi restaurés présentent une reprise de végétation dès la première année et une reprise de production la deuxième année, sans expression de symptômes d'esca. Un autre groupe a travaillé sur les plantiers avec une conduite en Cordon de Royat sur deux cépages (Caladoc et Syrah). L’ébourgeonnage des plants est précoce et soigné, de l’année de plantation à la mise en production. Les plaies de taille hivernales sont ainsi évitées tout en préservant au maximum les trajets des flux de sève. Pour en savoir plus, les résultats des groupes de la Drôme sont ici.

Dans les Bouches-du-Rhône, neuf viticulteurs ont constitué un groupe pour travailler sur les maladies du bois. Sur une parcelle de Grenache à Rousset des viticulteurs ont eux aussi expérimenté la technique de curetage/recépage sur 897 ceps. L'un des viticulteurs témoigne : "je repère les ceps malades ou non, je les marque et conserve, lorsque cela est possible, un gourmand pour repartir du bas du tronc. Lorsque le sarment sur le tronc est suffisamment vigoureux pour reformer le cep, la partie supérieure de la souche est coupée comme un recépage et je curète seulement le tronc en présence d’amadou. Je gagne beaucoup de temps sur le curetage qui ne me prend au final qu’une dizaine de minutes par souche car seul le tronc est cureté. La souche est ainsi reformée assez rapidement. Je suis très satisfait de cette technique, toutefois, cette opération rend plus complexe la taille. Il faut continuer à tailler les cordons, tout en étant vigilant sur la présence et la vigueur des gourmands ». Au bout d'un an, 97% des ceps restaurés sont en reprise de production et sans symptôme. Pour en savoir plus, les résultats du groupe des Bouches-du-Rhône sont ici.

Le groupe de viticulteurs du Gard a débuté ses réflexions par des demi-journées de démonstration sur la taille douce et sur le regreffage en place. Des essais de complantation ont été menés sur une parcelle en testant différentes combinaison de cépages (Caladoc, Carignan et Grenache) et de porte-greffes (1103 Paulsen, 140 Ru, Rupestris du Lot et SO4). Un autre essai a été mené sur un plantier de 2018 taillé et ébourgeonné en respectant les principes de la taille douce. Trois ans après la plantation, les plants établis en taille douce présentent quatre fois moins de plaies de taille profondes par rapport au témoin du vigneron. Pour en savoir plus, les résultats des groupes du Gard sont ici.

Dans le Var, le groupe a pu se former et expérimenter le greffage en place selon les méthodes dites au bourgeon (T-bud ou Chip-bud). Une parcelle a été plantée en 2017 en greffé-soudé traditionnels pour une partie, et pour l'autre en porte-greffe racinés qui ont été greffés en place en T-bud en 2019 et 2020. Les premiers résultats montrent des taux de reprise très satisfaisants. Un autre essai a été mené sur une parcelle de Vermentino plantée pour partie avec des greffons issus de vieilles parcelles sur des porte-greffes racinés. Cet essai a pour but de limiter les dépérissements du Vermentino constatés avec les clones classiques. Pour en savoir plus, les résultats des groupes du Var sont ici.

Dans le Loir-et-Cher, les viticulteurs ont travaillé sur la taille, menant des essais pour comparer la taille douce avec la taille Guyot Poussard et la taille minimale. Ils ont également comparé l'efficacité de la date de taille sur l'apparition des symptômes d'Esca. Une taille tardive est en effet parfois conseillée. Un livret a aussi été rédigé montrant des coupes transversales de ceps atteints d'Esca. Cette démarche a été l'occasion de dresser des diagnostics potentiels afin de mieux comprendre le fonctionnement des maladies du bois. Les résultats du groupe du Loir-et Cher sont consultables ici.

 

 

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