Scruter la vigne à l’échelle moléculaire

Scruter la vigne à l’échelle moléculaire
7 novembre 2018

Scruter la vigne à l’échelle moléculaire

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Bien qu’étudiées depuis de nombreuses années, les maladies du bois restent une boîte noire pour les viticulteurs et les chercheurs. Le dépérissement, dont les causes sont multiples, l’est encore plus. L’Institut européen de chimie et de biologie (IECB), installé à Pessac, et notamment l’équipe de RMN "NMR of membranes and protein assemblies" de l’UMR CNRS Chimie et biologie des membranes et nanoobjets, cherche à comprendre le processus de dépérissement à l’échelle moléculaire : connaître les séquences de la déstructuration du bois, suivre l’évolution de la microstructure du bois de vigne, les changements de structure ou de composition selon les pathogènes impliqués etc.

L’équipe travaille déjà en collaboration avec des programmes du Plan dépérissement, notamment PHYSIOPATH, TOLEDE et VITIMAGE. Ce dernier suit la dégradation du bois à l’échelle des tissus, analyse nécessaire et complémentaire à celle de la microstructure du bois, ces deux approches permettant d’avoir une vision allant du tissu à l’atome.

La dégradation du bois se traduit par des changements de structures de ce dernier mais aussi par des changements moléculaires, les molécules de base telles que la cellulose, les hémicelluloses ou la lignine étant dégradés en d’autres composés.

Deux techniques sont utilisés à l’IECB pour suivre la dégradation du bois : la Résonance magnétique nucléaire (RMN) du solide et la diffraction des rayons X. La première permet d’étudier la cellulose et sa cristallinité, les hémicelluloses, lignines et leurs produits de dégradation. Elle permet aussi de suivre la dynamique moléculaire. Contrairement à la RMN classique, elle s’adapte particulièrement au bois car la solubilisation de l’échantillon n’est pas nécessaire. La diffraction aux rayons X permet d’étudier le taux de cristallinité, le taille des cristallites et leur organisation. Dans le cas de ces deux techniques, la méthode n’est pas destructive et permet de répéter les mesures sur un même échantillon.

L’identification de marqueurs ou de profils caractéristiques du dépérissement pourrait permettre de créer un outil de diagnostic pointu pour détecter les signes précoces du dépérissement. Les premiers tests de faisabilité montrent que cela est parfaitement envisageable.

Rédaction : HM

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